Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 22:47
BIENVENUE SUR LE SITE DES EAUX MINERALES OUBLIEES DE FRANCE

Il y a plein d'anciennes stations thermales et de sources d'eau minérale qui ne sont plus exploitées, en France et en Europe. Partez à la recherche de ces sources oubliées, où l'eau minérale coule parfois encore. Il faut se comporter en explorateur, avisé, prudent et patient (attendez-vous à des déceptions...).

  • Si ces sources ont été abandonnées, ce sont très probablement des sources froides (a priori moins intéressantes que les sources chaudes). Donc inutile d'apporter votre maillot de bain, vous ne vous baignerez probablement pas. Prenez plutôt des bouteilles vides avec leurs bouchons (à remplir à la source). Utile aussi : un thermomètre (de bain ou de piscine) pour mesurer la température de l'eau et un appareil photo.
  • Ces sources ne sont peut-être plus accessibles (végétation, éboulements, terrain privé, etc.). Demandez si possible à des personnes âgées, qui ont conservé la mémoire des sites.
  • Les sources que vous recherchez sont peut-être taries depuis des années. "Les travaux souterrains, quelle que soit leur nature, sont susceptibles de modifier profondément l'équilibre hydraulique d'une nappe, voire de détourner les eaux de leur circuit." (1)
  • L'eau de ces sources est peut-être polluée ou pleine de microbes. "Les travaux souterrains peuvent mettre les gisements d'eau minérale en communication avec d'autres aquifères très différents ou contaminés." (1)
  • Vous ne savez pas quels effets ces différentes eaux minérales auront sur votre santé (méfiez-vous en particulier des eaux magnésiennes, à l'effet laxatif immédiat !).
"Plus de 1600 sources ont été officiellement reconnues sur le territoire français depuis 1823 [date de l'ordonnance royale sur les eaux minérales naturelles]. Actuellement, d'après l'inventaire paru dans les Annales des mines en 1998, il en reste environ 700 dont seulement 400 sont exploitées industriellement dans les établissements thermaux ou dans les usines d'embouteillage. Cette réduction considérable du nombre de sources exploitées n'est pas du tout un signe d'appauvrissement du patrimoine hydrominéral français. Elle est plutôt la conséquence d'un renouveau qui consiste à abandonner les anciens captages superficiels, très vulnérables, pour les remplacer par des forages réalisés avec des techniques modernes, permettant d'apporter une meilleure garantie sanitaire et de faciliter une gestion rationnelle de la ressource" (1).
(1) Extraits de l'article d'Eugène Papciak : L'enjeu économique des eaux minérales, paru dans la revue "Énergies et matières premières" n°10, 4e trimestre 1999 (p. 15 et 17).

Ça nous laisse donc, rien qu'en France, 1600 - 400 = 1200 sources abandonnées à explorer !

Ce site Internet est destiné à faire revivre toutes ces sources minérales aujourd'hui oubliées qui connurent leurs heures de gloire à la Belle Epoque des années 1900-1914.

Julien Gonzalez
e-mail : julien.gonzalez3@gmail.com
 

 
Par Julien Gonzalez
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Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 22:45

L'Hebdo de l'Ardèche

 

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Article paru dans "L'Hebdo de l'Ardèche" du 10 mars 2011

Par Julien Gonzalez
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Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 22:36

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Article paru dans "La Montagne" du 24 janvier 2010

 

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Article paru dans "La Montagne" du 15 août 2011


Par Julien Gonzalez
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Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 22:32

le midi libre

 

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Article paru dans "Le Midi Libre" du 1er août 2008


Par Julien Gonzalez
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Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 22:28

la montagne

Article paru dans "La Montagne" du 22 août 2011


Par Julien Gonzalez
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Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 22:13

le progres

Article paru dans "Le Progrès" du 27 juillet 2011

Par Julien Gonzalez
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Dimanche 14 août 2011 7 14 /08 /Août /2011 14:39

 

Bâtiment de captage

Le bâtiment du captage des sources minérales de Monestier-de-Clermont dans son état actuel

 

1/ Généralités

 

Situé à l’époque en haut du village de Monestier de Clermont, à l’écart du bourg, il est aujourd’hui entouré par l’urbanisation grandissante. Malgré les profondes transformations aux abords de cet édifice, le site reste remarquable et le bâtiment conserve un très grand intérêt. Il a d’ailleurs été distingué par le label "Patrimoine en Isère".

La source de Monestier-de-Clermont, citée dès 1639 dans un document officiel de l'Académie Royale de médecine, était connue pour ses bienfaits thérapeutiques et sa minéralisation remarquable. Il a fallut attendre la fin du XIX° siècle ou le début du XX° siècle pour qu’un captage et son bâtiment de protection et d’exploitation soit réalisé.

 

2/ Rappel historique



Les sources d'eau minérale gazeuse, ferrugineuse et saline constituent une richesse du sous-sol du Trièves.

En 1858, Charles Lory, professeur de géologie à la faculté des Sciences de Grenoble, signalait sur sa carte géologique du Dauphiné quatre principales sources à Avignonet, Tréminis, Cornillon-en-Trièves (au Grand Oriol) et Monestier-de-Clermont. 

Seules celles d'Oriol et de Monestier-de-Clermont firent l'objet d'une exploitation commerciale.

En 1639, Pierre de Vulson, docteur en médecine, agrégé au collège des médecins de Grenoble, issu d'une illustre famille du Trièves, vantait déjà les bienfaits thérapeutiques des eaux minéral « des Auriols » et du Monestier-de-Clermont qui facilitaient, en particulier, la cicatrisation des plaies et des blessures et redonnaient surtout la fécondité aux femmes atteintes de stérilité2. La prise de ces eaux par les malades s'accompagnait, d'ailleurs, de très nombreuses précautions et recommandations. "On commencera par un demy-verre puisé du plus gros et plus clair bouillon que fait celle des Auriol, ou de celle claire coulante de Monestier-de- Clermont ; et ayant avalé un peu d'anis confit, pour corriger la crudité de l’eau, on se promènera 60 ou 70 pas, pour revenir prendre un autre demy-verre" précisait Pierre de Vulson. Ce dernier préconisait également des bains dans ces eaux pour les malades qui avaient "des incommoditez en la ratte, des durtez, ou inflamrnations au foye (...) des faiblesses ou chaleurs importunes aux reins.. .", la liste des maux étant ici fort longue.

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Vue intérieure du captage des sources minérales de Monestier-de-Clermont 


Malgré tous ces éloges, l'exploitation des eaux de Monestier-de-Clermont demeura modeste et la commercialisation des bouteilles ne dépassa pas les limites du département, même si Berriat-Saint-Prix notait, en 1801, que ces eaux  (avec celles d’Oriol) étaient davantage consommées que celles d'Uriage.

Le débit des eaux, qui était relativement faible, ne laissait pas, en effet, espérer une exploitation à grande échelle ni la création, comme à Uriage ou Allevard, d'une station thermale.

Les trois sources principales de Monestier-de-Clermont, qui furent décrites en 1860 par Sylvain Eymard, médecin bien connu de Miribel-Lanchâtre, étaient situées au milieu d'une prairie.

La première était captée dans une citerne près de la route impériale, la seconde dans un bâtiment dont il ne donna pas de description mais qui semblait assez grand, et la troisième dans un bassin en plein air.

Sylvain Eymard déplorait l'absence à Monestier-de-Clermont "de fondateurs bien disposés qui placeraient leurs capitaux dans cette utile entreprise qui ne manquerait pas de leur laisser un magnifique et honorable bénéfice".

S. Eymard décrivait alors les lieux où se trouvaient les sources. "Les trois sources principales sont situées au milieu d’une grande prairie, à la tête et à l’occident de ce bourg". La première était captée dans une citerne près de la route impériale ; la deuxième, à deux cent mètres environ au-dessus "dans un bâtiment qui la circonscrit largement" et la troisième à 200 ou 300 mètres encore plus haut vers la montagne, dans un bassin en plein air. Aux trois endroits indiqués les eaux bouillonnent vivement.

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Gros plan sur le puits de captage des sources minérales de Monestier-de-Clermont


Elles sont "fraîches, limpides, mousseuses, piquantes et sans odeur appréciable". Elles sont agréables à boire "mais laissent sur la langue une saveur un peu acerbe". Elles sont gazeuses au point de faire sauter le bouchon d’une bouteille.

S. Eymard indique également que les eaux minérales de Monestier de Clermont "placées au milieu d’une jolie prairie mamelonnée et touchant le bourg, elles peuvent être bues en pantoufles et en robe de chambre".

Selon lui, les eaux de Monestier leur étaient supérieures aux eaux d’Oriol car "mieux proportionnées, dans leur composition naturelle et plus riches". Égales aux eaux de Vichy, elles pouvaient remplacer avantageusement l'eau de seltz et étaient servies dans les hôtels de la ville aux étrangers qui les savouraient en guise de "petit champagne".

En 1888, tous ces louanges et compliments semblent avoir enfin déclenché l'intérêt d'entrepreneurs dynamiques capables d'exploiter rationnellement les eaux du Monestier. En effet, deux liquoristes parisiens, MM. Georges Perier et Alfred Bouillon décidèrent de former une société civile "qui aura pour objet la captation, l'exploitation et l'acquisition d'une source d'eau minérale qui flue dans la propriété de M. Bonnet au Monestier-de-Clermont". La Société des Eaux Minérales de Monestier-de-Clermont, tel est son nom, devait avoir une durée de 30 ans. M. Périer était le gérant de la société en raison d'un bail qui le liait au sieur Bonnet depuis le 4 octobre 1878. M. Périer apportait 24000 francs à la société tandis que son associé n'amenait que 2000 francs. Le capital social fixé à 30000 francs était divisé en 100 parts. Le siège social était établi 2, rue Saint-Jacques à Grenoble. Il semble pourtant que cette société d'exploitation ne fonctionna jamais. Les eaux du Monestier allaient bien vite retomber dans l'oubli...

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Etiquette ancienne des eaux minérales de Monestier-de-Clermont


Toutefois, entre les deux guerres, un ancien propriétaire des lieux, M. Marius Bonnet, célibataire et esprit original exploita les sources jusqu'en 1939. Plusieurs fois dans la semaine, M. Bonnet venait puiser à la cuve une quarantaine de bouteilles d'eau minérale qu'il transportait jusqu'au village à l'aide d'une brouette. Il entreposait les bouteilles dans un local situé près de la RN 75 au lieu-dit le Rucher et appartenant à la famille Meffrey. Il chargeait alors les bouteilles sur un charreton et descendait vers le village pour les vendre. Sa clientèle, souvent des personnes choisies par lui, attendait son passage. Il accompagnait quelquefois sa vente de quelques vers offerts en prime à ses fidèles clients. Ce pittoresque personnage prolongeait incontestablement une tradition d'exploitation et de vente que ses ancêtres ou anciens propriétaires des lieux avaient inaugurée aux siècles précédents...

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Article paru dans "Le Dauphiné Libéré" du 10 juillet 1946


Après la guerre de 39/45, M. Albert Riondel, marchand de vin au Monestier, reprit l'affaire pendant quelques années. Selon le Service des Mines, seulement 1000 bouteilles furent vendues en 1950. Le débit ne paraissait plus suffisant et l'exploitation s'arréta en 1953.

Ainsi, depuis de longues années, l'exploitation même artisanale des eaux de Monestier-de-Clermont a été abandonnée. Des travaux de remise en état seraient indispensables. Mais l'eau est toujours là, peut-être moins abondante qu'autrefois mais toujours présente.

Seul le bâtiment de captage des sources de Monestier-de-Clermont est encore parfaitement conservé aujourd'hui.

Construit à la fin du XIX° siècle, ce petit édifice, situé à l'écart du bourg et en plein champ, se distingue par sa grande qualité architecturale. 

Il se compose d'un corps de bâtiment principal de plan octogonal, flanqué, à l'est, d'une avancée de plan carré et d'une hauteur réduite. Édifié en moellon avec un solin en pierre de taille, il est agrémenté, à l'extérieur, d'un élégant décor réalisé en ciment moulé qui s'inspire du registre ornemental classique : pilastres d'angle que surmonte une corniche à fasces ; garde-corps qui borde des couvertures en terrasse.

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Autre vue de l'intérieur du bâtiment de captage des sources de Monestier-de-Clermont


L'intérieur est tout aussi soigné. Les piédroits harpés des grandes baies rectangulaires présentent une alternance de pierres blanches et d'assises de briques rouges, et la charpente, particulièrement élégante, est constituée de fermettes métalliques à treillis rayonnantes réalisées en cornières et fers plats, assemblées, en leur centre, par une sorte de clé pendante.

Le bassin de captage, dans lequel on descend par un escalier d'une quinzaine de marches, est cerné par un petit mur en moellon. Au centre de ce bassin, une grande cuve métallique rivetée présente, à sa base, un robinet qui permettait de recueillir l'eau minérale.

Il est important de noter que aujourd’hui encore, l’eau présente dans le bâtiment est de l’eau minérale comme l’atteste sa conductivité (comprise entre 3700 et 3800 micro siemens/cm).

Sur proposition de la Commission départementale du patrimoine, la Communauté de communes vient d'accepter l'attribution du label "Patrimoine en Isère" pour cet édifice et s'engage désormais dans une réflexion sur l'avenir du site.

Une souscription vient d'être lancée pour sauvegarder et restaurer ce patrimone naturel et historique de l'Isère. Alors, amoureux des eaux minérales et du patrimoine, n'hésitez pas... faites un don pour que les sources minérales de Monestier-de-Clermont ne tombent pas définitivement dans l'oubli !

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Article paru dans "Le Dauphiné Libéré" du 1er avril 2010


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Article paru dans "Le Dauphiné Libéré" du 16 juillet 2011

 

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Par Julien Gonzalez
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Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /Avr /2010 19:36

Article paru dans le quotidien "Vosges-Matin" du 18 avril 2010 :

 

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Pour de plus amples informations sur la source minérale de Dolaincourt, voir mon précédent article : Une station thermale oubliée des Vosges : Dolaincourt

Par Julien Gonzalez
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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 21:20

 

Le Conseil Général de la Nièvre et le patrimoine thermal de Pougues : du passé, faisons table rase !



Lorsque le Conseil Général de la Nièvre devient propriétaire du domaine thermal en février 1976, celui-ci se compose du Parc Thermal Saint-Léger, dont l’ensemble des bâtiments est dans un état acceptable excepté le Splendid Hôtel laissé à l’abandon depuis 1945, de la Propriété du Ponteau et de l’ancien Parc de Bellevue.

 

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 vue arrière de l’ancien Bâtiment des Bains en bien piteux état

 

Quelles décisions ont été prises depuis cette date par le Département pour entretenir et sauvegarder ce patrimoine de notre histoire locale ? Aucune si ce n’est la destruction d’un certain nombre de bâtiments jugés en mauvais état. Le Conseil Général a d’abord fait procéder à la démolition du Splendid Hôtel dès 1977. Le Pavillon des Sources a failli subir le même sort. En effet, les élus départementaux avaient pris en 1979 la décision de le raser pour le remplacer par un night-club ! Heureusement, l’intervention de la municipalité de Pougues et de nombreux Pouguois a permis de le sauvegarder. Et si la réouverture du casino a été rapide, le Parc Saint-Léger est longtemps resté à l’abandon. Par endroit la végétation était tellement intense que l’on pouvait se croire dans une véritable forêt vierge. Aucun projet de réhabilitation de ce parc n’a jamais été adopté bien qu’un cabinet d’architectes fut chargé en 1980 par le Département de réaliser une étude d’aménagement du Parc Saint-Léger. Les conclusions de ce cabinet ne furent pas retenues et lors de sa session du 30 avril 1981, le Conseil Général décida de faire procéder à la démolition de certains bâtiments vétustes qu’il jugeait sans intérêt : les bâtiments longeant l’ancienne usine d’embouteillage située derrière le Casino, le promenoir, l’ancienne chaufferie et ses annexes, la partie arrière de l’établissement thermal (le bâtiment des douches en très mauvais état). Finalement, le promenoir fut sauvé d’extrême justesse mais les autres bâtiments furent rasés.

 

DSCN0236Le pavillon des sources fut sauvé de la démolition d'extrême justesse en 1979

Depuis 1993, avec l’arrivée du Centre d’Art Contemporain, le parc est désormais entretenu mais aucun aménagement n’a été réalisé. La pièce d’eau n’a plus l’aspect que d’une banale mare à l’eau croupie où les cygnes d’antan ont disparu. Nul trace ne subsiste du parc à daims et des petites boutiques situées sous le promenoir qui animaient la vie du parc thermal jusque dans les années 1960.

 

 

 

A Pougues-les-Eaux, une partie de la population et bien d’autres personnes en dehors de la commune s’insurgent à juste titre, car c’est toute une partie du patrimoine de la station thermale qui est vouée à la démolition. Il s’agit notamment des serres, où un jardinier attaché à l’établissement "élevait" de jeunes pousses destinées à venir fleurir les parterres du parc, donnant ainsi à l’ensemble une note de fraîcheur supplémentaire. Les serres et le bâtiment où logeait le jardinier étaient encore en bon état lorsque le département s’est rendu acquéreur de la propriété… Depuis ? Hélas ! Les serres ont disparu progressivement, véritablement étouffées par la végétation, les vitres ont disparu, la toiture en partie détruite. Aux yeux des vieux Pouguois et des personnes qui s’intéressent aux monuments anciens, la démolition des serres constitue un véritable crime au point de vue historique. En effet, l’armature de la toiture, la même que celle du Pavillon des Sources, a été fabriquée à Fourchambault à la période de sa grande époque.

 

DSCN0244La serre abandonée...


Depuis 1993, le Centre d’Art Contemporain s’est progressivement accaparé l’essentiel des bâtiments du Parc Saint-Léger avec la bénédiction du Conseil Général : ancienne usine d’embouteillage, ancien hôtel de la Gentilhommière, Pavillon des Sources, Gymnase et bâtiment des Bains et Douches. Résultat : il n’a même pas été possible de créer un musée du thermalisme à Pougues, plus aucun bâtiment de l’ancien Parc thermal n’étant disponible ! D’autre part, l’association "Les Amis du Vieux Pougues" s’était inquiétée à plusieurs reprises du peu de respect que les "artistes" du Centre d’Art Contemporain avaient pour le patrimoine thermal. Ainsi a-t-on vu l’un d’entre eux scier la rambarde de la buvette du Pavillon des Sources pour pouvoir installer l’une de ses "œuvres" !



L'actuelle municipalité de Pougues, quant à elle, a tout bonnement décidé, en 2000, d'arracher l'ensemble des peupliers de l'allée des Soupirs sous prétexte que ceux-ci étaient malades. Or, pas un seul n'était tombé lors de la tempête de décembre 1999. Aujourd'hui, la municipalité de Pougues souhaite acquérir l'un des derniers témoins de la grande époque de la station thermale de Pougues, « Le Grand Hôtel » situé sur le bord de la RN7 et malheureusement bien délabré, pour le raser et le remplacer par des logements sociaux ! Une ancienne élue municipale de Pougues n'a pas hésité à qualifier le Grand Hôtel comme une... verrue dans le paysage pouguois. Sans commentaire. De surcroit, la municipalité pouguoise semble vouloir réserver le même sort aux anciennes serres du Splendid Hôtel qu'elle a racheté au Département en 2006.

 

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 Le Grand Hôtel, l'un des derniers vestiges du prestigieux passé thermal de Pougues que la municipalité souhaite raser... pour le remplacer par des logements sociaux !

 

Mais le pire n’est pas là. Il se cache derrière la Gare, où à l’abri des regards, le Conseil Général de la Nièvre a littéralement fait disparaître tout un pan du patrimoine thermal de Pougues-les-Eaux. En effet, lorsque le Département est devenu acquéreur de la Propriété du Ponteau en 1976, celle-ci se composait d’une usine d’embouteillage où l’eau des sources Alice, Saint-Léger et Elisabeth furent embouteillées de 1927 à 1975, d’une ancienne usine d’embouteillage construite par la famille Massé en 1890 et qui fonctionna jusqu’en 1927, d’un logement du régisseur de l’usine également construit par les Massé, des dépendances (forge, laverie, menuiserie), du captage des sources Alice et Elisabeth et de la buvette Alice, tout cela situé sur un parc où se dressent encore des arbres magnifiques. A cette date, l’ensemble des bâtiments du domaine du Ponteau était dans un état acceptable. Mais laissé totalement à l’abandon et non entretenu, le parc s’est rapidement transformé en forêt vierge et l’état des bâtiments s’est vite dégradé à l’exception de l’usine d’embouteillage des années 1927-1975 que le Département a successivement loué à diverses entreprises, faute de trouver un repreneur pour la commercialisation des eaux de Pougues.

 

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l’ancienne usine d’embouteillage du Ponteau des années 1890-1927 avant sa démolition en 1995

Après un débroussaillage organisé en octobre 1989 par la municipalité de Pougues, sous l’impulsion de son maire d’alors, M. Peignot, on aurait pu penser que cette partie du domaine thermal allait reprendre vie et redevenir un lieu de promenade. Hélas ! il n’en fut rien et Pougues-les-Eaux, la belle endormie, se replongea dans un profond sommeil. Pire ! Après avoir réaliser un forage sur le domaine du Ponteau pour capter la source Lou en 1993-1995, le Département fit procéder dans la plus grande discrétion et malheureusement dans l’indifférence générale à la destruction progressive de cette partie du domaine thermal. Ainsi, depuis 1995, l’ancienne usine d’embouteillage des années 1890-1927, l’ensemble des dépendances et la maison du régisseur ont été successivement rasées y compris l’ancien matériel d’embouteillage qui se trouvait encore dans la première !

 

pougues  la buvette Alice photographiée en 1989 avant son "démontage"...

 

Non content d’avoir fait disparaître tout ce patrimoine, le Conseil Général procéda ensuite au démontage de la buvette Alice vieille d’au moins 100 ans et dont l’armature avait été fabriquée à Fourchambault comme celles du Pavillon des Sources et de la serre. Le Département prétexta une remise en état de la buvette pour justifier ce démontage. Huit ans, plus tard, alors que nous étions sans nouvelle de la buvette Alice, Christophe Celle, ancien Président des Amis du Vieux Pougues, réussit à retrouver sa trace après une longue enquête... la buvette Alice dormait depuis 8 ans en pièces détachées dans un hangar appartenant au Conseil Général de la Nièvre situé Place Chaméane à Nevers. Suite à cette découverte, Christophe Celle alerta au nom de l'association « Les Amis du Vieux Pougues » les pouvoirs publics et les Pouguois pour connaître le sort réservé à la buvette Alice et pour obtenir sa sauvegarde. Mystérieusement, suite à ses actions, Christophe Celle fut écarté de ses fonctions de Président des Amis du Vieux Pougues et l'association semble avoir été noyautée et depuis mise en sommeil par la municipalité de Pougues. Quant à la buvette Alice, le Conseil Général l'a cédée à la municipalité pouguoise qui aurait le projet de la réinstaller sur l'ancien parc de Bellevue !! Pour l'heure, la buvette dort en pièces détachées dans un hangar municipal. Parions qu'elle y sera encore dans 8 ans !

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La Buvette Alice "retrouvée" en pièces détachées en 2008 dans un hangar du Conseil Général...

 

Lorsque le Département de la Nièvre est devenu propriétaire du domaine thermal, l’on aurait pu penser que celui-ci se trouvait désormais entre de bonnes mains, mais aujourd’hui, force nous est de constater que tel n’est pas le cas et nous pouvons nous interroger sur les raisons pour lesquelles le Conseil Général ne sort pas de sa léthargie (et c’est un euphémisme !) pour mettre tout en œuvre pour réveiller la "belle endormie". Espérons qu’elle n’attendra pas cent ans pour être réveillée par son prince charmant…



Quand le Conseil Général de la Nièvre brade l'avenir des eaux de Pougues !

 

Le Département de la Nièvre est devenu officiellement le propriétaire des sources minérales de Pougues-les-Eaux le 14 avril 1976 suite à la vente du domaine thermal par les actionnaires de la Compagnie des Eaux de Pougues-les-Eaux pour un montant de 1 456 000 francs. Qu'a-t-il fait depuis pour relancer les eaux minérales de Pougues ?

 

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ce qu’il reste de la source Alice avec l’usine du Ponteau en arrière plan…

 

Lors de sa session d’octobre 1976, le Conseil Général de la Nièvre consacra quatre rapports à la gestion et aux destinées du domaine thermal de Pougues-les-Eaux. Ce projet "Pougues demain" abordait notamment la question de l’usine d’embouteillage du Ponteau pour laquelle le Département décida de trouver un concessionnaire pour l’exploiter.

 

 Trois ans plus tard, alors qu’aucun repreneur n’avait encore été trouvé, le Conseil Général décida lors de sa session de juin 1979 de faire réaliser une étude sur les conditions de relance de l’usine d’embouteillage du Ponteau. Le B.R.G.M (Bureau de recherches géologiques et minières) fut chargé de réaliser une étude sur les eaux minérales de Pougues leur possible commercialisation. Celui-ci rendit son rapport en avril 1980 dont voici les conclusions :

"Pour relancer l’exploitation de l’eau minérale carbogazeuse de Pougues, l’une des plus anciennes villes d’eaux de France, les données hydrogéologiques permettent de penser que la ressource existe très probablement, mais les captages actuels sont inadaptés :

-          la source Saint-Léger, qui renferme 2g/l de CO2 est mal située dans un point bas, environné de bâtiments avec leur réseau d’eaux usées et pluviales. Elle est naturellement vulnérable. Le captage défectueux accroît artificiellement cette vulnérabilité et le débit limité à une trentaine de litres/minute est assez faible.

-          les captages anciens des sources Alice et Elisabeth pourraient fournir 200 à 250 litres/minutes à eux deux, mais la teneur en CO2 est faible par suite d’un appel prédominant des eaux peu profondes, elles aussi vulnérables à la pollution.

Il conviendrait, tout d’abord, de définir le type d’eau recherché par les consommateurs et le débit désiré par un exploitant potentiel. Après mise en évidence des zones riches en gaz carbonique et sélection des sites bien protégés, favorables à l’implantation d’une usine d’embouteillage, il serait alors possible de programmer les travaux destinés à la création de nouvelles sources".



Pourtant, les conclusions de l’étude du B.R.G.M ne furent pas retenues et le Conseil Général décida lors de sa session suivante que la recherche d’un nouveau destin s’imposait en conséquence à l’usine du Ponteau. C’est sans doute ce qui explique la décision du Département de mettre l’ancienne usine d’embouteillage en location à la SARL "Manufacture du Ponteau" en décembre 1981. Cette dernière proposait alors de fabriquer… des roues en caoutchouc pour équiper divers matériels de manutention. Finie l’eau de Pougues, abandonnées les sources Saint-Léger, Alice et Elisabeth.



C’est seulement près de 5 années plus tard que l’idée d’une relance de la commercialisation de l’eau de Pougues renaît lors de la présentation du projet "Olympic 7" à l’occasion de la session du Conseil Général de la Nièvre de juin 1986. Ce projet "Olympic 7" prévoyait notamment la création d’un centre de remise en forme à Pougues-les-Eaux mais il englobait aussi le recaptage des sources minérales, la mise en bouteilles et la réalisation d’une nouvelle usine de fabrication et de conditionnement au Ponteau dont le coût prévisionnel était estimé à 12 millions de francs. Le projet de reprise de l’embouteillage semblait en bonne voie puisqu’en février 1987, le Département révélait que ses services et la SCEP (Société de coordination, d’études et de promotion), chargée de piloter l’opération, était en train d’établir un protocole d’accord sur la vente directe de l’ensemble immobilier du Ponteau et qu’un projet de concession des sources était également à l’étude.



Ainsi, en juin 1988, la reprise de l’embouteillage des eaux de Pougues paraissait sur le point d’aboutir, la presse régionale annonçant que des accords de principe avaient été trouvés avec le Département pour l’acquisition des bâtiments de l’usine du Ponteau et avec un industriel reprenant cette ancienne activité d’embouteillage sur le site. La S.O.R.E.C.O.M, société mandataire d’un groupe important envisageait effectivement de faire de Pougues une de ses unités de production crées pour le marché de l’eau et des jus de fruits. Une étude complémentaire du B.R.G.M concernant les eaux de Pougues était même déjà programmée pour l’été 1988, les responsables de la S.C.I "Olympic 7" ayant obtenu les concessions des eaux connues ou à découvrir à Pougues. Les premiers forages devaient avoir lieu dès septembre 1988 afin que la reprise de l’embouteillage puisse commencer dès le début de l’année 1989 avec très vite 20 emplois dans la nouvelle usine qui devait produire 30 millions de bouteilles par an, que ce soit en eau plate, gazeuse ou en jus de fruits.

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Parc du Ponteau : à gauche le captage récent de la source Lou cotoie celui de la source Alice

 

Malheureusement, après bien des vicissitudes, ce projet "Olympic 7" fut définitivement enterré en juin 1989. Officiellement, la raison essentielle de cet échec est l’absence de confiance entre les parties prenantes : le Conseil Général, qui s’engageait à mettre à la disposition des promoteurs le Parc Saint-Léger, le terrain et les bâtiments du Ponteau et les sources thermales, et la S.C.P.E qui s’engageait à réaliser un complexe de remise en forme comprenant un secteur thermal, une activité de balnéothérapie, un secteur d’hôtellerie et de restauration, des activités de loisirs et des équipements sportifs ainsi que le redémarrage de l’usine d’embouteillage du Ponteau. Le coût de l’ensemble du projet "Olympic 7" avait été évalué à près de 180 millions de francs  pour 150 emplois crées dans un premier temps puis 400 à plus long terme. Le Conseil Général soupçonna les promoteurs de ne pas avoir, ou de ne plus avoir d’investisseurs derrière eux et les accusa de ne pas être en mesure de présenter un plan de financement solide et complet pour la réalisation de ce projet. Quant au principal promoteur et initiateur du projet, René Bernard, celui-ci pensait que le Conseil Général voulait lui reprendre le projet pour confier sa réalisation à un autre promoteur, ou même pour le transformer. D’autres explications de cet échec peuvent être avancées comme le laissa entrevoir les propos tenus par René Bernard lors d’une réunion publique organisée à la mairie de Pougues-les-Eaux à l’occasion des élections municipales de mars 1989 en soutien à la liste menée par le docteur Pierre Chognon et animée par Pierre Bérégovoy. Alors que ce dernier expliquait que les promoteurs du projet "Olympic 7" étaient les seuls responsables de l’échec de ce projet, René Bernard intervint pour révéler les pressions exercées par Pierre Bérégovoy sur les investisseurs potentiels consistant à leur accorder le feu vert pour "Olympic 7" à la condition qu’ils participent d’abord à l’aménagement du site de Magny-Cours… On peut effectivement craindre qu’un tel chantage ait fait fuir les éventuels investisseurs. Toujours est-il que ce nouvel échec semblait hypothéquer sérieusement toute chance de relance de l’embouteillage des eaux de Pougues. 



C’est seulement en 1992, que le Conseil Général de la Nièvre décida de commander au B.R.G.M une nouvelle étude de faisabilité du projet d’embouteillage des eaux de Pougues qui suggérait alors une recherche d’eau minérale par forage de reconnaissance dans les secteurs de la source Saint-Léger (dans le parc thermal) et des sources Alice et Elisabeth (dans la propriété du Ponteau). Les forages, réalisés en septembre 1993, révélèrent une faible productivité du premier site. En revanche, le second fit apparaître un débit compris entre 9 et 10 mètres cube par heure. Devant ce résultat prometteur, un essai de pompage fut réalisé pendant 2h43, révélant un débit moyen de 6,8 mètres cube par heure. Un échantillon d’eau et de gaz libres prélevé à la fin du pompage fit l’objet d’une analyse physico-chimique. Résultat : la composition chimique de l’eau était comparable à celle des eaux minérales gazeuses de Badoit et La Vernière. Conséquence logique : un pompage de qualification propre à révéler sur 2 mois la régularité quantitative et qualitative de l’eau fut réalisée du 15 février au 18 avril 1995. Après ce pompage concluant, la demande d’autorisation d’exploiter est passée successivement entre les mains de la Préfecture (mars 1996), du Conseil départemental d’hygiène (juin 1997), du Ministère de la Santé (octobre 1997), du Laboratoire national des études hydrologiques et thermales (avril-novembre 1998) avant de retourner au Ministère de la Santé, le tout parallèlement à des analyses de suivi. Pour médiatiser l’affaire, le président du Conseil Général, Bernard Bardin, organise le 30 avril 1999, une conférence de presse au Ponteau où tous les élus départementaux présents ont eu droit à une petite bouteille d’eau minérale de la nouvelle source de Pougues que B. Bardin a fait baptiser "source Lou", prénom de sa petite-fille.



Que s’est-il passé depuis alors que 2 millions de francs ont été investis dans ce nouveau projet selon l’aveu même de B. Bardin ? Une autorisation d’exploiter la source Lou a bien été accordée par le Ministère de la Santé en décembre 1999 mais aucun repreneur sérieux n’aurait encore été trouvé en 2010 ! Curieux lorsque l’on sait qu’en Haute-Loire, "La source Gallo-Romaine" de Saint-Géron dont l’autorisation ministérielle d’exploiter date de 2002 a trouvé un repreneur dès 2005 après un arrêt de 30 années d’exploitation ! Il est vrai que la production de cette dernière reste artisanale avec 2 millions de bouteilles par an contre 260 millions pour Badoit.

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la source "Lou" attend toujours un repreneur…

 

Quelles sont les raisons de cet échec ? On peut déjà se demander si le Conseil Général de la Nièvre ne s’est pas "trompé" dans sa démarche de relance d’un éventuel embouteillage des eaux de Pougues. A-t-il vraiment fait preuve de bonne volonté ? A-t-il pris sérieusement le dossier en main ? On peut en douter, surtout lorsque l’on sait que le Département s’est entêté à explorer le site du Ponteau alors que la 1ière étude du B.R.G.M en date d’avril 1980 rappelait que l’ eau des sources Alice et Elisabeth était semi-gazeuse voire presque plate pour la seconde, ce qui risquait de les rendre peu attractives pour un éventuel repreneur. Le B.R.G.M préconisait alors une prospection en CO2 que le Conseil Général n’a fait réaliser qu'en 1992. Résultat : le captage de la source Lou effectué à proximité des anciens captages Alice et Elisabeth ne fournit qu’une eau très faiblement gazeuse, ce qui peut expliquer en partie le fait que le Conseil Général n’a encore trouvé aucun repreneur potentiel à ce jour.



Mais cela n'explique pas tout. En effet, nous avons eu connaissance de plusieurs projets de relance des eaux de Pougues qui auraient été proposés au Conseil Général de la Nièvre. Un Pouguois, M. Soulier, ancien industriel, s'est porté acquéreur pour relancer les eaux de Pougues avec un dossier suffisamment étayé. Il n'a eu aucune suite... Idem pour un pharmacien qui se proposé de venir s'installer à Pougues pour reprendre l'embouteillage des eaux de Pougues avec une douzaine de créations d'emplois à la clé. La même déconvenue est arrivé à M. Xavier Tenaillon et à sa société "Ten Trade Home International" qui s'est vu refuser son permis de construire pour l'aménagement et l'extension d'un bâtiment d'embouteillage au Ponteau car le Conseil Général de la Nièvre s'est opposé à son projet ! Le Conseil Général a visiblement commis l’erreur de voir "trop grand" et de vouloir trouver un grand groupe industriel pour relancer cet embouteillage des eaux de Pougues. N’aurait-il pas été préférable de trouver ou de créer une petite société pour commencer par une commercialisation d’une part régionale et d’autre part en direction des grands restaurants et hôtels de luxe où les eaux minérales gazeuses sont très prisées. Des exemples nous démontrent pourtant qu’une reprise de l’embouteillage des eaux de Pougues, même avec une production réduite, est tout à fait possible et ne relève pas de chimères.



Démonstration, par l'exemple, avec la Châteldon, certainement l'eau la plus chic du moment. En quelques mois, elle a damé le pion aux eaux gazeuses traditionnellement servies dans les grands restaurants : Badoit, San Pellegrino, Ferrarelle. Elle n'est disponible que dans la "restauration nappée", comprenez les établissements les plus huppés, comme Le Divellec, à Paris, la Maison Troisgros, à Roanne, ou les restaurants de l'hôtel de Crillon et du George V, à Paris. La montée en puissance de la Châteldon est récente. Jusqu'en 1993, cette source du Puy-de-Dôme ronronnait gentiment, sortant 300.000 bouteilles par an. Rachetée par Perrier à la famille de Pierre Laval dans les années 50, elle faisait partie des nombreuses eaux régionales du groupe. Quand Nestlé reprend Perrier en 1993, la multinationale suisse est sommée, par les autorités de la concurrence, de se séparer d'un certain nombre de marques et Châteldon passe alors dans l'escarcelle du groupe de vins et spiritueux Castel, la maison mère du distributeur de vins Nicolas. Pour ce dernier, l'opération avait un double avantage : le démarquer d'un marché du vin de plus en plus difficile et surtout compléter son portefeuille de marques d'eau, commencé en 1990 avec le rachat de l'eau de source Cristaline. Pour la direction du nouveau pôle, baptisé Neptune, le premier objectif a été de repositionner ses eaux de luxe sur les deux principaux marchés : la grande distribution et la restauration. La Châteldon est dédiée au marché de niche de la restauration et de la distribution de luxe. Avec un credo : l'effet de rareté. Phénomène classique dans la restauration, le client préfère consommer un produit qu'il ne peut pas trouver ailleurs. Le débit limité de la source de Châteldon ne permettait pas d'envisager autre chose qu'une distribution très sélective dans les grands restaurants et les épiceries fines telles que Hédiard, Fauchon ou Lafayette Gourmet. A plein régime, la source ne peut produire que 3 millions de bouteilles par an. Une goutte d'eau, par rapport aux 150 millions de bouteilles qui jaillissent tous les ans de la source d'Evian. Pour séduire les restaurateurs, le groupe Neptune dépense très peu d'argent en publicité. Il faut dire qu'il a un ambassadeur de choc en la personne de... Louis XIV. En 1650, son médecin aurait recommandé au roi de boire cette eau tous les jours car sa richesse en bicarbonate, calcium et magnésium en fait une eau notamment appréciée de ceux qui souffrent de problèmes de digestion (donc des propriétés comparables aux eaux de Pougues). Le symbole et les couleurs du Roi-Soleil (jaune et bronze) ainsi que la date de 1650 figurent donc désormais en très gros sur la bouteille. Tout compris, une bouteille de Châteldon revient à 2,50 euros à Neptune. Elle est généralement facturée autour de 7,50 euros dans les restaurants, contre 5 euros pour une bouteille de San Pellegrino, soit le prix d'un bon petit vin. Un tarif qui ne dissuade visiblement pas les clients. Depuis 1998, les ventes grimpent de 30 % par an, pour s'établir à 1,8 million de bouteilles en 2002.


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Gros plan sur le trop plein de la source Lou

 

Alors que la France est passée de 300 millions de bouteilles d’eau minérale vendues en 1948 à près de 5,5 milliards en 1996, tous les espoirs sont donc permis quant à une éventuelle relance de la commercialisation des eaux de Pougues.

Par Julien Gonzalez
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /Déc /2009 15:52

THERMALISME
L'eau du Plan de Phazy utilisée en parapharmacie ?

Des projets pour exploiter l'eau de Phazy 

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Il y a eu de nombreuses pistes jusqu'à ces dernières années mais aucune n'a aboutie.



Ce n'est pas un serpent de mer, mais presque. Un serpent d'eau chaude, dirons-nous. Pour la énième fois, un projet d'utilisation de la source du Plan de Phazy dans le Guillestrois est à l'étude.


Christian Robert, pharmacien et parapharmacien dans le XIVe arrondissement de Paris, entend commercialiser une gamme de onze produits pour la peau fabriqués à partir de l'eau naturellement chaude à 28 °C de Phazy.

Une multitude de projets tombés à l'eau

Reconnue depuis l'Antiquité pour ses propriétés apaisantes, sa richesse en sels minéraux, chlorures, sulfates, calcium, sodium, magnésium, cette source a maintes fois suscité des espoirs... vite tombés à l'eau.
Déjà sous Napoléon, l'Empereur ambitionnait de faire de Phazy un haut lieu du tourisme thermal.
Plus près de nous, en 1985, "La chaîne thermale du soleil" souhaitait construire un centre de thermalisme et un hôtel de luxe à Montdauphin. L'eau devait être pompée à la source puis acheminée dans la cité fortifiée par Vauban. Mais ce projet est resté dans les cartons car au même moment, la sécurité sociale, fortement déficitaire, annonçait la fin de la prise en charge massive du coût des cures thermales.

Un forage déjà creusé

En 1990, un laboratoire pharmaceutique avait projeté de construire un établissement de remise en forme et de produire des crèmes cosmétiques. Emballé, le syndicat intercommunal du Guillestrois avait immédiatement fait creuser un forage de 400 mètres de profondeur. Sauf que lors de l'achat des terrains par le syndicat, un propriétaire avait été oublié. Et justement un propriétaire qui refusait de vendre. L'activité avait été interdite et du coup, le projet n'avait pas abouti.

Le soutien des élus locaux

Malgré toutes ces désillusions, le moral des élus locaux ne semble pas entamé : « Peut-être peut-on récupérer le forage pour ce nouveau projet parapharmaceutique ? » s'interroge Marcel Cannat, conseiller général du canton. « En tous les cas, nous soutenons l'initiative de Christian Robert » poursuit Max Brémond, le maire de Risoul, au sortir d'une rencontre avec le pharmacien parisien, venu prélever neuf litres d'eau pour la faire analyser.



L'eau du Plan de Phazy en parapharmacie
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Christian Robert, pharmacien en parapharmacien parisien, et Max Brémond, maire de Risoul, prélèvent des échantillons.


Des analyses en cours


« J'ai découvert cette source chaude, par hasard, en faisant des recherches bibliographiques » raconte Christian Robert. « Dans mon idée, l'eau du Plan de Phazy entrerait comme ingrédient dans la composition des produits, tels que crème hydratante, apaisante, lavante, contour pour les yeux. Il faut d'abord faire une analyse bactériologique, puis des tests de stabilité, pour voir comment les différents ingrédients réagissent entre eux. Ensuite, il faut faire encore différents tests pour la validité du produit, ce qui prend environ quatre à cinq mois supplémentaires. On en saura plus en juin, je pense. Et si tout va bien, mes produits devraient être commercialisés d'ici la fin de l'année. »

10 m³ par mois

À long terme, pour la commercialisation de sa gamme, Christian Robert aurait besoin d'environ 10 mètres cube d'eau par mois. La source oubliée de Phazy va-t-elle enfin être exploitée ?



REPÈRES

UNE THÈSE DE MARCEL LESBROS

L'ancien sénateur des Hautes-Alpes Marcel Lesbros a été diplômé de médecine en 1947 en soutenant sa thèse de doctorat sur "La station thermoclimatique oubliée des Hautes-Alpes : le Plan de Phazy". Dans ce document, le Dr Lesbros commente les vertus thérapeutiques de cette eau naturellement chaude pour soigner l'arthrose, les rhumatismes, les problèmes hépatiques et rénaux et les syndrômes cutanés comme l'eczéma ou le psoriasis.

PROPRIÉTÉS DE L'EAU

L'eau de source de Phazy est naturellement chaude à 28 °C en toute saison. Elle est riche en sels minéraux, chlorures, sulfates, calcium, sodium et magnésium.
Attention, cette eau est impropre à la consommation.

Yoann GAVOILLE et Marie-Pierre TICHET

Article paru dans l'édition 05A du quotidien "Le Dauphiné Libéré" du 16/02/2009

Par Julien Gonzalez
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